Son cachet historique, avait évolué avec des infrastructures modernes qui se fondaient harmonieusement avec le charme des bâtiments anciens. Ce matin-là, Samuel, un jeune trentenaire, s’y rendit pour sa routine habituelle de course à pied, une habitude qu’il avait adoptée après avoir passé la majeure partie de la pandémie à l’intérieur. Comme tant d’autres habitants de la métropole, Samuel avait redécouvert la richesse des espaces verts qui parsèment Montréal, un refuge pour les citadins en quête de nature au milieu de l’effervescence urbaine.
En traversant le parc, Samuel ne pouvait s’empêcher de remarquer les changements qui avaient accompagné cette période post-pandémique. Les pistes cyclables, naguère bondées de cyclistes et de trottinettes électriques, semblaient plus calmes. L’apparition d’un nouveau mode de transport durable, les mini-scooters autonomes, avait commencé à se répandre, avec de petits véhicules électriques serpentant tranquillement sur les sentiers, transportant des personnes ou des marchandises légères à travers la ville. Montréal, fidèle à son esprit innovateur, était l’une des premières villes à tester ces nouveaux moyens de transport futuristes.
Samuel bifurqua vers le vieux kiosque du parc, un endroit qu’il affectionnait particulièrement pour s’étirer après sa course. Alors qu’il se préparait à commencer son étirement, il remarqua un groupe de jeunes adolescents installés sur des bancs à proximité, discutant passionnément. Intrigué par leur conversation animée, il s’approcha doucement pour entendre ce qu’ils disaient.
« T’as vu ce que ChatGPT peut faire maintenant ? », s’exclama l’un d’eux. « J’ai utilisé l’IA pour mon projet d’école, et j’ai fini en un rien de temps ! »
Samuel sourit en entendant cela. Ce n’était pas surprenant. Depuis 2023, l’intelligence artificielle avait envahi de nombreux aspects de la vie quotidienne à Montréal. Des restaurants utilisant des robots pour le service à la gestion de la circulation intelligente dans le centre-ville, l’IA jouait un rôle de plus en plus prépondérant dans la société montréalaise. Pourtant, malgré cette modernité galopante, Montréal conservait un esprit distinct, celui de la communauté, des interactions humaines et d’une riche vie culturelle.
Alors qu’il se penchait pour toucher ses orteils, Samuel fut interrompu par une voix familière.
« Hey, Samuel ! Ça fait longtemps ! »
Il se redressa et se retrouva face à Camille, une ancienne collègue qu’il n’avait pas vue depuis plusieurs années. Camille, vêtue d’une robe d’été légère, semblait rayonnante. Ils s’étaient connus dans une start-up de développement de logiciels il y a quelques années, mais s’étaient perdus de vue après que Samuel ait décidé de se lancer en freelance.
« Camille, ça fait plaisir de te revoir ! Qu’est-ce que tu deviens ? », demanda-t-il.
Camille lui raconta rapidement sa vie après la pandémie. Elle avait quitté le domaine de la technologie pour se consacrer à une carrière dans l’immobilier, un marché en plein essor à Montréal depuis quelques années. L’explosion des ventes hors marché, la montée en flèche des investissements étrangers, et l’attrait toujours grandissant de la ville pour les expatriés avaient fait de ce secteur un véritable eldorado.
« Je suis devenue consultante indépendante et je travaille sur des projets immobiliers un peu partout en ville, surtout dans les quartiers émergents comme Hochelaga ou Griffintown. Mais ce qui est vraiment excitant, c’est tout le développement autour de l’habitation écologique. »
Elle expliqua à Samuel qu’un projet d’écoquartier à l’ouest de la ville avait récemment vu le jour, où toutes les habitations étaient alimentées par des énergies renouvelables, et où l’impact environnemental était réduit à son strict minimum. « Montréal a vraiment pris à cœur la question de la durabilité », ajouta-t-elle avec fierté.
Leur discussion se poursuivit, chacun évoquant ses souvenirs et les transformations qu’ils avaient observées dans leur ville natale. Ils parlèrent de la piétonnisation du boulevard Saint-Laurent, de la popularité croissante des marchés de producteurs locaux, et même des concerts improvisés qui apparaissaient régulièrement dans le métro grâce à des artistes émergents.
« Tu te rappelles comment c’était avant la pandémie ? », demanda Samuel avec un soupçon de nostalgie. « On prenait tout pour acquis, comme les terrasses pleines à craquer sur le Plateau, ou les festivals en été. Maintenant, chaque moment semble plus précieux. »
Camille acquiesça, pensant à la résilience des Montréalais. Malgré les défis, la ville avait su se réinventer, comme elle l’avait fait tant de fois dans le passé. Le caractère unique de Montréal résidait dans sa capacité à mêler tradition et modernité, à évoluer tout en restant fidèle à son essence. Que ce soit à travers l’adoption des dernières technologies ou en préservant l’importance des rencontres humaines et de la culture, Montréal restait une ville à taille humaine.
Alors que le soleil commençait à se coucher, projetant une douce lueur dorée sur les arbres du parc, Samuel et Camille se promirent de ne pas attendre des années avant de se revoir. Ils savaient tous deux que, malgré la rapidité avec laquelle le monde changeait, certaines choses, comme l’amitié et l’amour pour leur ville, demeuraient constantes.
C’était ça, Montréal en 2024 : un mélange harmonieux de modernité et de tradition, une ville toujours en mouvement, mais qui savait prendre le temps de s’arrêter pour profiter des petites choses qui rendent la vie si spéciale.