Une lueur dorée sur les façades des vieux bâtiments de la ville. Saint-Antoine, ce boulevard qui serpente au cœur de Montréal, était animé par un ballet d’autos coincées dans le trafic. Les moteurs ronflaient faiblement tandis que les conducteurs fatigués observaient les feux de circulation d’un regard distrait, espérant un peu de répit avant de rentrer chez eux.
À l’angle de la rue Peel, l’attente était interminable. Les piétons traversaient nonchalamment, insensibles à la frustration des automobilistes. Une légère brise de fin d’été soufflait à travers les rues, emportant avec elle des fragments de conversations et l’odeur alléchante des food trucks alignés un peu plus bas. Des familles revenaient du Vieux-Port, traînant derrière elles des enfants épuisés après une journée d’exploration sous le soleil. Leurs rires joyeux contrastaient avec l’immobilité des véhicules, créant une étrange harmonie.
Dans une petite Honda Civic bloquée dans le trafic, Émilie soupira. Elle venait de terminer une longue journée de travail à distance dans un café de la rue Notre-Dame et espérait que cette balade en voiture serait plus fluide. Les rues de Montréal, pourtant si familières, semblaient jouer contre elle ce soir. Elle alluma la radio, espérant que la musique adoucirait l’attente, mais même la mélodie jazzy ne pouvait apaiser sa nervosité.
À l’extérieur, les lumières de la ville commençaient à scintiller, accentuant les détails architecturaux des immeubles historiques et modernes. Montréal, avec son mélange éclectique de styles, avait une magie unique, surtout à cette heure entre chien et loup. Les cyclistes zigzaguaient entre les voitures, impatients d’arriver à destination. Un homme sur un vélo électrique contourna habilement une BMW stationnée au milieu de l’intersection, sous les regards irrités des conducteurs bloqués.
Peel et Saint-Antoine, deux artères majeures de la ville, étaient toujours un point de congestion à cette heure. Les rénovations en cours dans le secteur n’aidaient en rien. Les klaxons retentissaient sporadiquement, comme pour exprimer la lassitude des conducteurs qui, malgré tout, savaient que cela ne changerait rien.
Dans une autre voiture, un vieux couple discutait doucement. Ils revenaient d’un après-midi passé au marché Atwater, les bras chargés de provisions pour la semaine. Les bouchons ne semblaient pas les déranger ; après tout, ils avaient vécu toute leur vie dans cette ville. Ils savaient qu’ici, à Montréal, il fallait parfois simplement prendre son mal en patience et savourer l’instant, même dans l’immobilité du trafic.
Soudain, les feux passèrent au vert, déclenchant un mouvement presque chorégraphié des véhicules. Un flot de voitures se mit en branle, avançant péniblement d’une dizaine de mètres avant de s’arrêter de nouveau. La routine des fins de journée montréalaises dans le trafic reprenait, un rituel quotidien où chacun, qu’il le veuille ou non, faisait partie d’un grand spectacle urbain.
Le soleil, désormais complètement caché derrière les immeubles, laissait place à la nuit. Montréal, avec son cœur vibrant et son caractère unique, continuait de vivre, même dans le trafic de Saint-Antoine, coin Peel, un dimanche de fin de journée.