Rouges et de jaunes éclatants. Ce week-end-là, Montréal retrouvait cette douce mélancolie d’automne, une période où les résidents prennent un dernier souffle avant l’hiver rigoureux. Pour Maxime, ce samedi matin commençait comme un jour ordinaire, mais il s’apprêtait à vivre une aventure typiquement montréalaise.
Maxime, un Montréalais de 40 ans vivant dans le Plateau, avait l’habitude de profiter de la tranquillité des premiers matins du week-end pour faire une longue balade à vélo jusqu’au parc du Mont-Royal. Cet itinéraire, il le connaissait par cœur : du Plateau, à travers les petites rues bordées d’arbres, jusqu’au sommet du mont Royal, avec une vue imprenable sur la ville. Le week-end était également l’occasion de se ressourcer et de réfléchir aux projets à venir. Maxime, entrepreneur en immobilier, jonglait avec plusieurs projets de développement et de rénovation dans le Sud-Ouest. Mais ce week-end, il avait décidé de tout mettre de côté pour simplement profiter de la ville.
Le samedi matin, après avoir enfilé sa veste légère et ajusté son casque, Maxime enfourcha son vieux vélo. L’air était vif mais agréable, un vent léger soufflait et il pouvait déjà sentir l’odeur des cheminées qui commençaient à être allumées dans les maisons. Montréal, à cette période de l’année, sentait l’automne à plein nez. En traversant la rue Saint-Denis, il remarqua une animation inhabituelle au coin de la rue Duluth. Une petite fête de quartier venait de s’organiser spontanément. Les résidents avaient décidé de fermer la rue aux voitures pour célébrer l’arrivée de l’automne. Les enfants couraient autour de stands improvisés, et des musiciens de rue jouaient des airs de jazz tout en créant une ambiance chaleureuse. Maxime s’arrêta un moment pour observer, capturé par cette scène si typique de Montréal.
Il reprit son chemin en direction du Mont-Royal, suivant les pistes cyclables familières. Une fois arrivé au parc, il s’engagea sur le sentier sinueux menant au sommet. En montant, il remarqua à quel point la nature avait déjà commencé à se transformer. Les arbres, autrefois verts, étaient maintenant couverts de feuillage rougeoyant, et les sentiers étaient parsemés de feuilles mortes. Un léger craquement sous les pneus de son vélo accompagnait chaque coup de pédale. Au sommet, il se rendit directement au belvédère Kondiaronk, un endroit qu’il adorait pour la vue qu’il offrait sur le centre-ville. De là, Montréal s’étendait à ses pieds, les gratte-ciel se détachant sur le fond clair de l’horizon.
Assis sur un banc, Maxime prit quelques minutes pour observer la ville. Il pensait aux changements récents dans les différents quartiers de Montréal : Griffintown, le Mile-End, le Vieux-Port, et même son quartier du Plateau. La ville était en perpétuelle évolution, tout comme lui. Maxime avait commencé sa carrière dans l’immobilier il y a quinze ans. À l’époque, Griffintown n’était qu’une zone désaffectée, et aujourd’hui, c’était un des quartiers les plus dynamiques de la ville. Ce sentiment d’évolution était omniprésent à Montréal, où chaque coin de rue semblait raconter une nouvelle histoire.
Après avoir pris un moment pour lui, Maxime reprit son vélo et redescendit vers le Mile-End, un autre de ses quartiers préférés. Il avait prévu de rencontrer quelques amis à une terrasse pour prendre un café en fin de matinée. En arrivant au café où ils se retrouvaient souvent, il constata que l’ambiance était, comme toujours, détendue. Le samedi matin dans le Mile-End, c’était synonyme de cafés bondés, de discussions animées en français et en anglais, et d’une atmosphère de créativité débordante.
Assis à une grande table en bois, Maxime retrouva ses amis, dont Julien, un graphiste indépendant, et Amélie, une photographe qui venait tout juste de terminer une exposition dans une galerie locale. Ils échangèrent sur leurs projets respectifs, leurs découvertes récentes dans la ville, et sur l’inévitable préparation pour l’hiver qui approchait. Julien mentionna même qu’il avait trouvé un nouvel espace de coworking dans Griffintown et proposa à Maxime de passer y faire un tour, car ils cherchaient des investisseurs pour agrandir l’espace.
Alors que le soleil descendait et que les ombres s’allongeaient, Maxime réalisa à quel point cette journée représentait ce qu’il aimait tant dans sa ville : le contraste entre la nature qui l’entoure et l’effervescence créative de ses quartiers. Montréal avait cette capacité à allier calme et énergie, tradition et modernité. Ce dernier week-end de septembre 2024 lui rappela que, malgré les nombreux changements, la ville restait toujours profondément attachée à ses racines et à son esprit communautaire.
Sur le chemin du retour, Maxime pédala lentement, savourant chaque instant de cette journée d’automne, convaincu que Montréal, avec ses habitants passionnés et ses rues vivantes, resterait toujours une source d’inspiration inépuisable pour lui.